Elle a offert son sang à Hésus pour la délivrance de la Gaule!

Elle s'appelait Hêna, Hêna, la vierge de l'île de Sên.»

Douarnek continua le bardit:


»--Brillante est la lune, grand est le bûcher qui s'élève auprès des pierres sacrées de Karnak; immense est la foule des tribus qui se pressent autour du bûcher.


»--La voilà! c'est elle! c'est Hêna!... Elle monte sur le bûcher, sa harpe d'or à la main, et elle chante ainsi:


»--Prends mon sang, ô Hésus! et délivre mon pays de l'étranger! Prends mon sang, ô Hésus! pitié pour la Gaule! Victoire à nos armes!--Et il a coulé, le sang d'Hêna!

»--Ô vierge sainte! il n'aura pas en vain coulé, ton sang innocent et généreux! courbée sous le joug, la Gaule un jour se relèvera libre et fière, en criant comme toi--victoire à nos armes! victoire et liberté!»