Et Douarnek, ainsi que les trois soldats, répétèrent à voix plus basse ce dernier refrain avec une sorte de pieuse admiration:
«--Celle-là qui a ainsi offert son sang à Hésus, pour la délivrance de la Gaule!
Elle était jeune, elle était belle, elle était sainte.
Elle s'appelait Hêna, Hêna, la vierge de l'île de Sên!»
Moi seul je n'ai pas répété avec les soldats le dernier refrain du bardit, tant je me sentais ému.
Douarnek, remarquant mon émotion et mon silence, me dit d'un air surpris:
--Quoi, Scanvoch, voici maintenant que la voix te manque? Tu restes muet pour achever un chant si glorieux?
--Tu dis vrai, Douarnek; c'est parce que ce chant est glorieux pour moi... que tu me vois ému.