Note D: Les évêques mariés avant l'épiscopat continuaient souvent de vivre avec leurs femmes, auxquelles ils donnaient le nom de soeur.

Note E: Nous empruntons à un mémoire inédit de notre savant et excellent ami Janowski (mémoire couronné par l'Institut), la nomenclature suivante des diverses fonctions des esclaves dépendants d'une villa: arator, venitor, bubulus, porcarius, caprarius, taber-ferrarius, aurifices, argentarius, sutor, tornator, carpentarius, scutator, accipitores; (les esclaves qui faisaient la cervoise, le cidre, la poirée): qui facient cervisiam pomaticum, pistor, retiator, venator, molinarines, forestarius, majordomus, infestor; (celui qui apporte les plats sur la table): scautio, marescalcus, strator, seneschalus.

Note F: Les femmes des évêques mariés s'appelaient évêchesses.

Note G: On appelait gynécée l'appartement des femmes.

Le gynécée était un atelier dans lequel se confectionnaient les vêtements destinés à toute la famille. Outre les ouvrages exécutés dans cet atelier, au profit du maître, on y en faisait d'autres pour l'entretien et le service des femmes qui les habitaient. Les femmes des seigneurs ou les maîtresses de maison ne présidaient pas toutes aux travaux de leurs gynécées, car le concile de Nantes en accuse plusieurs de braver les lois divines et humaines en fréquentant sans cesse les assemblées et les assises publiques, au lieu de rester au milieu des femmes de leurs gynécées pour disserter sur leurs lainages, les tissus et autres ouvrages de leur sexe.

Note H: Les leudes étaient les compagnons de guerre du chef frank, que chaque bande choisissait pour son chef; ils lui juraient fidélité (en germain treue, trust); on les appelait leudes, fidèles ou antrustions; mais cette dernière appellation était plus spécialement consacrée aux compagnons de guerre du roi.

Lors de la conquête, Clovis ou ses successeurs, après s'être réservé la part du lion dans la spoliation du sol de la Gaule, distribuèrent, sous le titre de bénéfices, une partie des terres aux chefs de bandes, leurs compagnons de guerre. M. Guizot, dans son Histoire de la civilisation en France (t. I, p. 249), dépeint avec autant de sagacité que de savoir l'établissement territorial d'un chef de leudes en Gaule:

«... Lorsqu'une bande arrivait quelque part et prenait possession des terres, ne croyez pas que cette occupation eût lieu systématiquement, ni qu'on divisât le territoire par lots, et que chaque guerrier en reçût un selon son importance et son rang; le chef de la bande, ou les différents chefs qui s'étaient réunis, s'appropriaient de vastes domaines; la plupart des guerriers qui les avaient suivis continuaient de vivre autour d'eux à la même table, sans propriété qui leur appartînt spécialement... La vie commune, le jeu, la chasse, les banquets, c'étaient là leurs plaisirs de barbares; comment se seraient-ils résignés à s'isoler? l'isolement n'est supportable qu'à la condition du travail; or, ces barbares étaient essentiellement oisifs, ils avaient donc besoin de vivre ensemble, et beaucoup de leudes restèrent auprès de leur chef, menant sur ses domaines à peu près la même vie qu'ils menaient auparavant à sa suite; aussi naquit plus tard entre eux une prodigieuse inégalité; il ne s'agit plus de quelque diversité personnelle de force, de courage, ou d'une part plus ou moins considérable en terres, en bestiaux, en esclaves, en meubles précieux; le chef, devenu grand propriétaire, disposa de beaucoup de moyens de pouvoir, et les autres étaient toujours de simples guerriers.»

Néanmoins, le besoin de conserver auprès d'eux ces guerriers pour la nécessité d'une défense commune, poussait les chefs à augmenter sans cesse le nombre de leurs leudes; les rois Gontran et Childebert stipulent en 587: «Qu'ils ne chercheront pas réciproquement à se débaucher leurs leudes, et qu'ils ne conserveront pas à leur service ceux qui auraient abandonné l'un d'entre eux.» (Grégoire de Tours, liv. IX, ch. xx.)