—Conduit-elle aussi à l'abbaye de Meriadek?
—Oui,—répondit encore Amael, aussi surpris de cette rencontre que de ces questions.
—Arnulf,—dit le guerrier à l'un de ses compagnons, après avoir interrogé Amael,—va dire au comte Bertchramm que nous sommes en bonne route; je vais désaltérer mon cheval à ce ruisseau.
Le cavalier partit; pendant que ses deux compagnons laissaient leurs chevaux boire quelques gorgées d'eau au courant du ruisseau, Amael, qui n'avait pu cacher son étonnement croissant en entendant nommer le comte Bertchramm, dit aux cavaliers:—Vous êtes des hommes de Bertchramm?
—Oui.
—Que vient-il faire en ce pays?
—Il vient comme messager de Karl, chef des Franks. Mais, dis-moi, avons-nous encore une longue route à faire avant d'arriver à l'abbaye de Meriadek?
—Vous ne pourrez y arriver qu'assez tard dans la nuit.
—On la dit riche, cette abbaye?
—Elle est riche... mais pourquoi cette question?