—O Hésus!—dit enfin Rosen-Aër en levant son noble visage baigné de larmes vers le firmament étoilé, où rayonnait l'astre sacré de la Gaule.—O Hésus! je vois un divin présage dans ce chant cher à la mémoire des descendants de Joël... Béni soit ce chant! il nous salue et nous accueille à cette heure solennelle, où touchant enfin cette terre libre, nous revenons à l'antique berceau de notre famille!
Amael, sa mère, Septimine et les apprentis, guidés par le vieil orfévre, arrivèrent près des pierres sacrées de Karnak, et furent tendrement accueillis par le fils du frère de Bonaïk. Amael se fit laboureur, les jeunes apprentis l'imitèrent et s'établirent dans la tribu... À la mort de Bonaïk, la crosse abbatiale fut jointe aux reliques de la famille de Joël, ainsi que cette légende écrite par Amael, peu de temps après son retour en Bretagne.
FIN DE LA CROSSE ABBATIALE.
LES PIÈCES DE MONNAIE KAROLINGIENNES
OU
LES FILLES DE CHARLEMAGNE (KARL LE GRAND).
727-814.
Les filles de l'empereur Karl l'accompagnaient toujours en voyage dans l'intérieur de la Gaule. Elles étaient fort belles; il les aimait avec passion; il ne voulut jamais les marier et les garda toutes chez lui jusqu'à sa mort. Quoique heureux en toute chose, il éprouva, dans ses filles, la malignité de la mauvaise fortune; mais il dissimula ce chagrin, et se conduisit envers elles comme si elles n'eussent jamais fait naître de soupçons injurieux et qu'aucun bruit ne se fût répandu.
(Chronique d'Éginhard, p. 145, Coll. Hist. Franc.)
..... Le cœur de Louis le Pieux (fils de Charlemagne) était, par nature, depuis longtemps indigné de la conduite que ses sœurs tenaient dans la maison paternelle, seule tache dont elle fût souillée; voulant donc porter remède à ces désordres, il envoya devant lui Walla, Warnaire, Lambert et Ingobert, avec ordre, aussitôt qu'ils arriveraient à Aix-la-Chapelle, de veiller prudemment à ce que rien de scandaleux ne se commît de nouveau, et de mettre sous une étroite garde ceux qui auraient offensé la majesté impériale par un commerce criminel (avec les filles de l'empereur). Quelques-uns, coupables de ces crimes, vinrent au devant de Louis le Pieux pour obtenir leur grâce et l'obtinrent; Audoin résista seul, frappa mortellement Warnaire, blessa Lambert à la cuisse et fut tué lui-même d'un coup d'épée... Louis le Pieux résolut ensuite de chasser du palais cette multitude de femmes qui le remplissait du temps de son père.
(L'Astronome, Vie de Louis le Pieux, p. 345, 346, Collect. de l'Hist. Franc.)