—Oh! je m'en suis aperçue... ma sœur Hildrude aussi,—ajouta Thétralde en fronçant ses jolis sourcils;—alors nous nous sommes élancées toutes deux à ta poursuite... de peur que, dans ton ignorance des routes de la forêt, tu ne t'égares,—se hâta d'ajouter Thétralde.
—Aussi m'avait-il semblé entendre le galop de deux chevaux... puis un cri.
—Ma sœur voulait me dépasser; mais, moi, j'ai appliqué sur la tête de son cheval un bon coup de houssine. Alors, tout effaré, il s'est jeté de côté dans une allée où il a emporté Hildrude; ne pouvant le maîtriser, elle a poussé un cri de colère.
—Mais elle court un danger, peut-être?
—Non, non; ma sœur finira par arrêter son cheval. Seulement, comme le brouillard est très-épais, elle ne pourra pas nous rejoindre, et j'en suis bien aise.
Vortigern était au supplice; pourtant un sentiment d'une douceur ineffable se mêlait à ses angoisses. Les deux enfants restèrent de nouveau silencieux; la fille de l'empereur des Franks rompit encore la première le silence en disant au jeune Breton:—Tu ne parles pas... Est-ce que cela te chagrine que je t'aie rejoint?
—Non, oh! non!...
—Tu me trouves peut-être méchante, parce que j'ai battu le cheval de ma sœur? mais, que veux-tu? quand je l'ai vue s'efforcer de me dépasser, je n'ai plus été maîtresse de moi.
—J'espère qu'il ne sera arrivé aucun mal à votre sœur.
—Je l'espère aussi.