—C'est vrai, père Bonaïk.
—En retour, je vous demande de traiter comme une sœur cette pauvre enfant qui est là toute tremblante. Je vais sortir avec l'intendant durant une heure peut-être, promettez-moi d'être réservés en vos propos pendant mon absence: ne confusionnez pas cette jeune fille. Que le chagrin qu'elle semble éprouver vous la rende respectable...
—Ne craignez rien, père Bonaïk, nous ne dirons rien qu'une nonne ne puisse entendre.
—Cela ne me suffit point du tout; promettez-moi de ne dire que ce que vous diriez devant votre mère.
—Nous vous le promettons, maître Bonaïk.
Cet entretien avait eu lieu à l'autre bout de l'atelier, tandis que Ricarik inventoriait le contenu du coffre. Le vieillard revint alors près de Septimine, et lui dit à demi-voix:—Mon enfant, je vais vous quitter pendant quelques instants; mais, rassurez-vous, ces jeunes gens vous traiteront en sœur.
À peine Septimine avait-elle remercié le vieillard par un regard rempli de gratitude, que l'intendant dit en fermant le coffre:—Et l'on n'a pas de nouvelles d'Eleuthère, ce fuyard?
Le vieil orfévre fit un signe d'intelligence aux esclaves qui avaient tous levé la tête au moment où le nom d'Eleuthère avait été prononcé; tous se remirent à leurs travaux, tandis que le vieillard disait à l'intendant:—Vous le voyez, Ricarik, rien ne manque dans le coffre.
—Tout esclave est larron... s'il ne dérobe rien, ce n'est pas l'envie de voler qui lui manque.—Puis refermant le coffre:—Ainsi donc aucune nouvelle de cet Eleuthère?
—Aucune.