—Quel pouce?

—Le bienheureux pouce du bienheureux Saint-Loup, qui est là-dedans?

—Eh! fais-en ce que tu voudras... porte-le en relique!

—Alors, je vivrai deux cents ans au moins.

—Qu'examines-tu là?

—Ces sous d'argent: quelques-uns ne me semblent pas de bon aloi.

—Quelque colon m'aura friponné... C'est aujourd'hui le jour où ils payent leur redevance; l'on dirait, quand ils donnent leur argent, qu'ils s'arrachent la peau. Malheureusement il est trop tard pour découvrir les fripons qui auront donné ces mauvais sous d'argent; mais, j'y songe, quelques colons sont en retard, ils viendront sans doute payer à l'heure où les esclaves de l'abbaye apportent leur redevance en nature, tu seras là, tu examineras les pièces d'argent, et malheur au larron qui donnerait une pièce de mauvais aloi!

—Je ferai selon votre volonté... Nous allons serrer ces métaux précieux et les pierreries dans le coffre de fer, en attendant que je les mette en œuvre.

—Cela me fait songer qu'hier je n'ai point visité le coffre.

Pendant que le Frank, ayant ouvert le coffre, examinait son contenu, le vieil orfévre, se rapprocha des jeunes apprentis et leur dit à voix basse:—Mes enfants, jusqu'ici j'ai toujours pris votre défense contre nos maîtres, palliant ou cachant vos fautes, afin de vous épargner des châtiments quelquefois mérités...