Je rentrai dans le salon le cœur calme et content, me promettant bien, ainsi que je l'avais dit à Ursule, de tâcher de ne pas avoir l'air d'une héritière.
Nous partîmes pour l'ambassade.
CHAPITRE VIII.
LA PRÉSENTATION.
En entrant dans le premier salon de l'ambassade, accompagnée de M. de Versac, je sentis ma résolution m'abandonner. Il fallut l'accueil plein de grâce et de bonté de madame l'ambassadrice d'Autriche pour m'encourager un peu.
Mademoiselle de Maran donnait le bras à Ursule.
Plus que jamais je pus apprécier quelle était l'influence de ma tante, et combien on la redoutait. La femme la plus agréable, la plus à la mode, n'aurait pas été plus entourée, plus courtisée à son entrée dans le bal, que ne le fut mademoiselle de Maran; elle recevait ces respectueuses prévenances, ces hommages empressés, avec un très-grand air et une affabilité protectrice presque dédaigneuse.
Nous allâmes du côté de la galerie où l'on dansait. M. de Versac, à qui je donnais le bras, me nomma différentes personnes qui méritaient d'être distinguées.
Nous nous arrêtâmes un moment auprès d'une des portes de la galerie. J'entendis là les paroles suivantes, échangées entre deux personnes que je ne pouvais voir.