On frappa à la porte du salon où nous étions, je rentrai en essuyant mes larmes dans ma chambre à coucher.

J'entendis un valet de chambre annoncer à mon mari que M. le comte de Lugarto l'attendait chez lui.

Gontran vint me trouver, changea de ton, me parla avec tendresse, et me dit de le faire avertir lorsqu'il pourrait m'amener M. Lugarto, qu'il voulait me présenter.

—Mais je suis en larmes,—lui dis-je;—de grâce, remettez cette visite.

—Vite, vite, séchez ces beaux yeux,—me dit Gontran avec une apparente gaieté,—ou je vous amène tout de suite mon tigre dompté. Pendant que vous allez vous remettre, je vais lui faire admirer notre maison, et j'enverrai tout à l'heure vous demander si vous pouvez nous recevoir.


CHAPITRE IV.

MONSIEUR LUGARTO.

J'essuyai mes larmes et j'attendis cette présentation importune.

Je n'eus pas un seul moment d'amertume contre Gontran. Je crus qu'il voyait de son point de vue et moi du mien; je devais avoir tort, il le disait, je devais me soumettre à son jugement.