—Oui... mes plaintes continuelles devaient vous impatienter, je ne me plaindrai plus; aussi désormais, vous ne me trouverez plus triste et morose à votre retour; je serai toujours, comme aujourd'hui, heureuse, souriante.
—Tant mieux, mille fois tant mieux; pour quelle raison changeriez-vous ainsi?
—Oh! j'ai de grands projets.
—De grands projets qui vous rendront heureuse et souriante? voyons vite, qu'est-ce que c'est?
—Vous savez bien le petit château? (c'était une assez grande maison qui dépendait du château de Maran, et qui touchait aux Communs; du temps de mon grand'père on logeait dans cette succursale les hôtes qui survenaient, lorsqu'il n'y avait plus de place pour eux au château);—vous savez bien le petit château?—dis-je à Gontran.
—Oui, ensuite...
—Il nous est complétement inutile.
—Comment inutile? c'est là où est mon chenil, ma sellerie et le logement de mes gens d'équipage!...
—Lorsque vous saurez à quoi je destine le petit château,—dis-je en souriant,—je suis sûre que vous conviendrez comme moi que votre chenil, votre sellerie et vos gens peuvent parfaitement s'établir aux Communs, dont une partie est inoccupée.
M. de Lancry me regarda avec étonnement et me dit: