TOME QUATRIÈME.


CHAPITRE PREMIER.

LA CHASSE.

Il me fut impossible le soir de parler en secret à ma cousine, elle partageait l'appartement de son mari, et deux ou trois fois après dîner il me sembla qu'elle m'évitait. Je souffris cruellement pendant la nuit. Au malaise physique qui m'accablait depuis quelque temps se joignit une grande tristesse.

Je ressentis tout ce que la jalousie a de plus poignant, de plus amer. En vain je voulus me convaincre de l'injustice, de l'exagération de mes soupçons; en vain je me dis que peut-être il n'y avait au fond de la conduite d'Ursule qu'une innocente coquetterie, je ne pus parvenir à me rassurer.

Je me promis bien, pendant cette cruelle journée, d'observer attentivement ma cousine et mon mari, et d'avoir le lendemain un sérieux entretien avec elle.

Gontran ne s'était pas trompé dans son espérance: le jour était radieux, un resplendissant soleil d'octobre annonçait une de ces dernières journées d'automne presque aussi belles que les journées d'été...

A midi nous partîmes pour le rendez-vous de chasse.

M. de Lancry avait fait mettre les gens de son équipage en grande livrée; des fenêtres du château nous les avions vus partir avec les chiens au son retentissant des trompes. Une calèche à quatre chevaux approcha du perron; je montai en voiture avec M. Sécherin.