Agitée par tant de perplexités, je me résignai à attendre l'inspiration du moment.

Mon mari était retombé dans une sorte de rêverie...

Je lui pris la main, je la serrai tendrement en lui disant:

—Merci... merci, mon noble Gontran, vous m'aviez dit vrai. Enfin Ursule va partir, et nous serons heureux et tranquilles.

Gontran sourit avec amertume et me répondit:

—Vous avez dû être bien contente de me voir ainsi traité par Ursule? cela doit vous rassurer, je l'espère?

Ne voulant pas laisser entrevoir mes craintes à Gontran, je lui dis:

—Sans doute, mon ami, je suis rassurée; mais je ne vois pas en quoi ma cousine vous a si maltraité... Elle plaisantait, d'ailleurs...

—Elle plaisantait?... Et lors même qu'elle aurait plaisanté, n'était-ce pas me traiter avec le dernier mépris?... De ma vie... non, de ma vie... je n'ai été si insolemment joué; je restai là comme un sot, sans trouver une seule parole. Quelle audace! quel cynisme!

—Mais, Gontran, il me semble que ce qu'Ursule vous a dit de plus cruel est qu'elle ne vous aimerait jamais et qu'elle vous défiait de ne pas l'aimer.