—Que voulez-vous dire?
—Oui, je suis capable de tout quand je pense que votre mari peut mourir avant moi... ou qu'Ursule peut croire que je suis un lâche... que je n'ose pas me battre...
Stupéfaite, je regardai M. Sécherin; sa crainte de paraître lâche aux yeux d'Ursule me disait combien son amour était encore violent.
—Il faut oublier Ursule, elle est indigne d'occuper votre pensée.
Il haussa les épaules.
—Vous aussi... vous voilà comme ma mère... il faut oublier!!!... Oublier! Dites donc à mon cœur de ne plus battre... dites donc à mon sang de ne plus brûler dans mes veines... à mon souvenir de s'éteindre!
—Mais cette femme est une misérable.
—Mais on l'adore!... cette misérable!!! mais votre mari vous a quittée pour elle... vous qui valez pourtant mille fois mieux qu'elle!—s'écria M. Sécherin presque brutalement.
Un moment, je l'avoue, je restai sans réponse; il fallait qu'Ursule eût une irrésistible puissance de séduction pour que deux hommes de natures si différentes, M. de Lancry et M. Sécherin, en fussent devenus si passionnément épris.
Mon cousin continua d'un air sombre:—L'oublier... l'oublier!... et pourquoi l'oublierais-je?... Jusqu'au jour où elle a été criminelle, qui donc a fait pour moi ce qu'elle a fait?...