—Et un fils doit tout souffrir,—répondit M. Sécherin à voix basse, et son regard vint aussi me témoigner de ses douleurs.
. . . . . . . . . .
Je quittai Rouvray dans un accès de tristesse mortelle.
Je ne crois pas qu'il y eût au monde une position aussi affreuse que celle de cette mère et de ce fils, toujours face à face, elle regrettant l'amour de son fils, lui regrettant l'amour d'une femme coupable. Je ne pus réprimer un mouvement d'indignation profonde en songeant que mon mari était perdu pour moi, que mon enfant était mort, que ma vie était brisée, qu'une pieuse femme et son généreux fils voyaient leurs relations, autrefois si tendres, à jamais aigries parce qu'Ursule m'avait haïe et enviée.
CHAPITRE IV.
LE RETOUR.
Deux mois après mon départ de Maran, j'étais établie à Paris dans le pavillon que m'avait offert madame de Richeville.
Je me demande encore comment j'avais pu inspirer à cette excellente femme l'affection qu'elle ne cessa jamais de me témoigner et dont elle me donna tant de nouvelles preuves lors de mon retour à Paris; c'est avec l'intérêt le plus tendre, le plus maternel, qu'elle veillait à mes moindres désirs, qu'elle tachait de m'épargner les moindres chagrins.
En songeant aux indignes calomnies dont elle avait été victime, je fus surtout frappée de voir dans quelle affectueuse intimité elle vivait avec des personnes qui représentaient certainement l'élite de la meilleure compagnie de Paris et qui passaient même, qu'on me pardonne cette expression, pour être extrêmement collet monté.