Ils allaient sans doute se livrer à des commentaires exorbitants, lorsque la porte se rouvrit de nouveau.
La voiture sortit rapidement; l'on put y voir, nonchalamment assis, un homme jeune encore, d'une figure très-basanée. Il portait un uniforme de hussard, blanc, à collet bleu, couvert de broderie d'or. A son cou et sur sa poitrine brillaient des croix et des plaques d'ordres étrangers.
—Ah çà, Robin des Bois est donc un grand seigneur d'un pays lointain? s'écria M. Godet l'aîné.
—Il a une assez belle figure, mais l'air bien insolent,—dit madame Lebœuf.
—Avez-vous vu ses deux crachats, l'un en or, l'autre en argent?—dit M. Godet le cadet.
—Tiens... tiens... tiens!... moi qui croyais au fond de ma pensée que, malgré son titre de colonel, l'aventurier, le coureur, le vagabond était quelque chose comme un banqueroutier retiré, ajoute M. Godet l'aîné en sifflant entre ses dents.
—Une idée, messieurs!—s'écria madame Lebœuf.—C'est peut-être un acteur! J'ai vu au Cirque-Olympique des écuyers habillés dans ce genre-là.
—Mais cette magnifique voiture,—dit M. Godet,—elle appartiendrait donc à la troupe? Et d'ailleurs on ne joue pas la comédie en plein jour.
—Mais j'y pense,—dit madame Lebœuf;—peut-être ce vilain homme qui habite avec Robin des Bois vous laissera-t-il entrer, maintenant que son maître est sorti.
—Vous avez raison, ma chère madame Lebœuf,—dit M. Godet;—vous avez raison; mais sous quel prétexte m'introduirai-je dans ce domicile?