Mon parti fut bientôt pris.
J'envoyai le lendemain matin Blondeau chez M. de Senneville avec l'ordre de me rapporter le coffret. Si M. de Senneville était absent, elle devait prier son valet de chambre de lui remettre ce dépôt. Cet homme, qui la connaissait, ne fit aucune difficulté, et le lui rendit.
Je montai en voiture avec Blondeau pour porter moi-même cette cassette chez M. de Rochegune, réfléchissant malheureusement trop tard que je n'avais plus à craindre que le hasard lui découvrît le contenu de ces lettres. En route je pensai que M. de Rochegune, voulant garder le secret de sa demeure, il serait plus prudent d'y aller en fiacre, de peur d'indiscrétion de mes gens, qui pourraient reconnaître Stolk. Je pris un fiacre et je renvoyai ma voiture. Nous arrivâmes au Marais.
Je me faisais un triste plaisir de voir au moins la maison qu'habitait M. de Rochegune. Nous laissâmes le fiacre près de la rue Saint-Louis, et je descendis avec Blondeau, qui alla remettre le coffret à Stolk.
Pendant qu'elle s'acquittait de cette commission, j'examinais avec angoisse les dehors de cette demeure; son aspect désert, désolé, me navra, je fus épouvantée en songeant aux heures de désespoir qui devaient si lentement s'écouler pour lui dans cette demeure abandonnée.
Blondeau remit le coffret à Stolk, me donna des nouvelles de M. de Rochegune, et nous revînmes chez moi.
J'allai faire mes adieux à madame de Richeville. Malgré le chagrin que lui causait notre séparation, elle m'avait engagée et j'étais décidée à partir le soir même pour Maran afin de faire cesser, par mon absence, les bruits odieux que la misérable fatuité de M. de Senneville avait fait naître.......
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Quelques jours après mon arrivée, madame de Richeville m'apprit un événement dont les suites auraient pu être bien douloureuses pour moi.
Voici le passage de cette lettre: