—On ne s'attendait pas, madame, à un semblable succès, et les amis de Gercourt... en sont... consternés....
—C'est indigne! Du reste, tant mieux, il faut bien que les envieux portent la peine de leur odieux sentiment. Je voudrais que le succès de M. de Gercourt leur fût plus désagréable encore.
—M. de Gercourt est de vos amis, madame?—demanda madame de Hansfeld.
—S'il en est! Certainement, et des meilleurs. Au retour de ses voyages, avant la révolution de juillet, il est entré dans le monde sous mon patronage et sous celui de la duchesse de Bellecourt; nous étions, je vous assure, très fières de mettre M. de Gercourt dans le monde; il était charmant, et quoique fort jeune il devint tout de suite fort à la mode. Avec une grande fortune, un beau nom, une jolie figure et des manières parfaites, il n'avait qu'à vouloir plaire pour plaire..., et parce qu'après avoir joui en jeune homme de tous les plaisirs de son âge, il cherche maintenant des jouissances plus élevées, des occupations plus sérieuses, il soulève un déchaînement universel. En vérité, cela fait honte et pitié... mon Dieu! Pourquoi donc les sots ne sont-ils pas aussi indulgents pour le mérite d'autrui qu'ils le sont pour leur propre nullité?... On ne leur en demande pas davantage.
—Il est bon d'être de vos amis, madame,—dit Paula en souriant de l'exaltation avec laquelle madame de Lormoy avait dit ces paroles.
—Certes—dit M. de Fierval..., et je regrette d'être de l'avis de madame de Lormoy sur Gercourt, pour n'avoir pas le plaisir d'être converti par elle.
—Oh! je ne prétends pas convertir, mais dire vertement leur fait aux méchants et aux jaloux... c'est un privilège de vieilles femmes, j'en use, et j'ai raison; n'est-il pas vrai, prince? Mais qu'avez-vous? Mon Dieu, comme vous êtes pâle!...
En effet, M. de Hansfeld avait sa tête appuyée sur une des parois de la loge, et semblait au moment de se trouver mal....
—Princesse, votre flacon!—s'écria madame de Lormoy.
Madame de Hansfeld se leva à demi.