Huit jours s'étaient passés depuis que M. de Brévannes avait reconnu, à la Comédie-Française, Paula Monti dans madame la princesse de Hansfeld.

Il était dix heures du matin: M. de Brévannes descendait de fiacre à la porte d'une maison de médiocre apparence, située à l'extrémité de la rue des Martyrs, rue généralement assez déserte, ainsi que chacun sait.

Il n'y avait pas de portier dans cette maison: M. de Brévannes monta donc jusqu'au premier étage où il sonna en maître. Presque aussitôt la porte lui fut ouverte par une femme assez âgée, modestement mais proprement vêtue. Son visage était fortement couperosé; elle portait des lunettes et tenait une tabatière à la main.

En deux mots nous dirons que cette femme, appelée madame Grassot, était gardienne d'un petit appartement loué par M. de Brévannes pour y recevoir en toute sécurité les rivales de Berthe.

—Eh bien! madame Grassot, quelles nouvelles?—dit M. de Brévannes en entrant dans un joli salon où flambait un bon feu.

—De très bonnes, monsieur Charles—dit la vieille en ôtant ses lunettes et en aspirant une forte prise de tabac.

—De très bonnes?—s'écria M. de Brévannes en se retournant vers elle.

—D'excellentes, monsieur Charles. Est-ce que cela vous étonne?

—Non, car je sais par expérience que vous êtes habile.... Pourtant il s'agissait d'une chose très difficile....

—Et vous doutiez de moi?...