Quelques secondes après, Berthe embrassait son père.
—Enfin... te voilà, te voilà—répétait le vieillard d'une voix émue, en serrant sa fille dans ses bras.
—Mon bon père!... disait Berthe en pleurant.
Pierre Raimond débarrassa lui-même la jeune femme de son chapeau, de son manteau, qu'il porta sur son lit; puis, la faisant asseoir dans son fauteuil, au coin du feu, il prit ses mains qui étaient froides.
—Pauvre petite... tu es glacée, réchauffe-toi....
—Père.. tu gâtes toujours ton enfant....
Sans lui répondre, le vieillard la regardait avec bonheur.
—Te voilà donc.. Depuis six mois... six mois!...
—Pauvre père... le temps t'a bien duré....
—Mais tu étais heureuse?...