CHAPITRE XVI.
CONVERSATION.
Berthe, peu accoutumée à de telles prévenances de la part de M. de Brévannes, fut doublement surprise de ce cadeau de fleurs, surtout après la scène de la veille, scène dans laquelle son mari s'était montré si grossier.
Elle fut non moins étonnée de son air contrit et doucereux; mais dans son ingénuité elle se laissa bientôt prendre au faux sourire de bonté qui tempérait à ce moment la rudesse habituelle des traits de M. de Brévannes.
Quoiqu'elle eût fait son possible pour ne pas aller à l'hôtel Lambert dans la crainte d'y rencontrer M. de Hansfeld, Berthe se sentait intérieurement coupable de cacher à son mari les entrevues qu'elle avait eues chez Pierre Raimond avec Arnold; aussi s'exagérait-elle encore ses torts à la moindre bonne parole de M. de Brévannes.
Ce fut donc presque avec confusion qu'elle le remercia des fleurs qu'il lui avait envoyées.
—En vérité, Charles—lui dit-elle—vous êtes mille fois bon, vous me gâtez... ce bouquet était magnifique, cette parure de camélias est de trop.
—Vous avez raison, ma chère amie, vous n'avez pas besoin de tout cela pour être charmante... mais je n'ai pu résister au désir de vous envoyer ces fleurs, malgré leur inutilité; je suis ravi que cette légère attention vous ait fait plaisir.... J'ai tant à me faire pardonner....
—Que voulez-vous dire?