—Mais quel mal faites-vous?... c'est tout au plus une indiscrétion... ma chère Iris; puisque votre maîtresse est souvent injuste envers vous, c'est de votre part une petite vengeance permise... et innocente.

—Oh! je suis inexcusable, je le sens... et puis une fois que vous aurez lu ce livre... vous oublierez la pauvre Iris... vous n'aurez plus besoin d'elle.... Mais de quoi me plaindrai-je? n'aurez-vous pas d'ailleurs payé ma trahison—ajouta-t-elle avec amertume.

—Cette petite fille s'est affolée de moi—pensa M. de Brévannes—comment diable m'en débarrasserai-je? Est-ce que maintenant qu'elle a ma bague elle ne voudrait plus se dessaisir du livre?

Il reprit tout haut d'un ton pénétré:

—Vous vous trompez, Iris. D'abord, je ne me croirai jamais quitte envers vous.... Quant à vous oublier... ne le craignez pas.... Pour mon repos, je voudrais le pouvoir.... Il faut toute la gravité des choses dont j'ai à entretenir votre maîtresse pour me distraire un peu de mon amour pour vous.... Iris, car je vous aime.... Mais ne parlons pas de cela maintenant.... De graves intérêts sont en jeu.... Comment se trouve votre maîtresse?

—Elle est rêveuse et triste depuis qu'elle vous a accordé l'entrevue que vous demandiez si impérieusement.

—Elle m'y a forcé... J'étais si malheureux de son refus que je me suis oublié jusqu'à lui faire cette menace, que je ne regrette plus, car j'ai ainsi obtenu ce que je désirais dans son intérêt et dans le mien.... Mais elle est rêveuse et triste, dites-vous?

—Oui... quelquefois elle reste longtemps comme accablée... puis tout à coup elle se lève impétueusement et marche pendant quelque temps avec agitation.

—Et à quoi attribuez-vous ses préoccupations?

—Je ne sais....