Une gazelle errante

S’abrite en cette tour,

Et l’hirondelle y chante,

Y chante nuit et jour.


Le 3 octobre. — Écrit à Paris. Oh ! quel jour anniversaire de mon départ l’an dernier ! — Dirai-je ici tous les souvenirs qui me viennent, larmes, regrets, passé perdu, sitôt changé en deuil ? — Mon cœur est plein, il veut pleurer. — Maurice, Maurice, n’est-ce pas vrai, les pressentiments ? Quand je pense à ceux qui me tourmentaient dans la route et à Paris et le jour de la noce, et qui se sont accomplis ! Je rêvais mort ; je ne voyais que draperies mortuaires dans ce Salon où l’on dansait, où je dansais dans ma tristesse, car je voulais écarter ces pensées.

N’est-ce pas temps perdu que de rappeler ces choses, mon Dieu ! Je suis seule devant vous : je pourrais mieux faire que de m’affliger. N’êtes-vous pas là pour mon espérance, pour ma consolation, pour me faire voir un monde meilleur où est mon frère ?


Le 4. — Je voulais envoyer à son ami deux grenades du grenadier dont il a travaillé le pied quelques jours avant sa mort. Ce fut son dernier mouvement sur la terre.