En 1117, après une guerre longue et acharnée, les Pisans s'emparèrent des îles Baléares et firent prisonniers la femme et le fils du roi Nazaréodole.
La reine veuve de Nazaréodole et son fils Lambert se firent chrétiens. Une inscription, sur la façade du Duomo, indique qu'elle fut ensevelie dans cette ville.
Ces exploits et d'autres entreprises de la République de Pise, contre les barbares, accrurent sa puissance, sa richesse et sa renommée; mais les guerres fréquentes et surtout les luttes qu'elle eut à soutenir contre les Florentins, les Lucquois, les Génois et d'autres peuples voisins, troublèrent trop souvent sa tranquillité et sa prospérité.
En 1134, les Pisans combattirent contre le roi Roger de Naples. Deux ans après ils surprirent Amalfi, la pillèrent et emportèrent le célèbre Code Justinien, c'est-à-dire les Pandectes.
Partisans de l'empereur Frédéric, ils s'attirèrent la haine d'une grande partie de l'Italie; plus tard ayant embrassé le parti des Gibelins, ils reconnurent son successeur et d'autres empereurs allemands.
L'inimitié entre Pise, Gênes et Florence fut continuelle. La paix de temps à autre conclue entre les trois rivales fut toujours de courte durée.
La catastrophe de la Méloria, en 1284, abattit irréparablement la puissance de Pise. Un grand nombre de ses enfants tombèrent en combattant auprès de ce fatal écueil, et empourprèrent de leur sang les eaux de la mer; un grand nombre d'autres allèrent remplir les prisons de Gênes. Alors le soupçon de la trahison suffit pour soulever les Pisans contre le Comte Ugolin de la Gherardesca. Celui-ci expia ses complots dans la Tour,--à jamais mémorable,--de la Faim.
Gouvernée alternativement par les Gherardesca, par Dell'Agnello et par les Gambacorti, Pise subit bien des vicissitudes. Le 14 octobre 1406, cette illustre ville, affaiblie par ses discordes intestines et lâchement trahie par ses chefs, tomba au pouvoir des Florentins conduits par le fameux Gino Capponi.
Quatre-vingt-huit ans après, les Pisans, fatigués d'un lourd esclavage, se soulevèrent pour secouer le joug de leurs voisins, et les femmes autant que les hommes firent des prodiges de valeur pour reconquérir l'indépendance de la patrie; mais ce fut en vain, car, abandonnés par le roi de France et à bout de ressources, ils durent se plier aux conditions des Florentins et subir de nouveau leur domination, au mois de juin de l'année 1509.
Sous les grands-ducs de Médicis, Pise se releva de son abaissement. Sa célèbre Université brilla d'une nouvelle splendeur en 1543, et, en 1561, l'Ordre des Chevaliers de Saint-Etienne y établit son siège principal. En 1571, elle eut encore la gloire d'avoir ses galères à la fameuse bataille de Lépante, où les susdits Chevaliers de l'Ordre de Saint-Etienne remportèrent une éclatante victoire sur Sélim II, près des îles Curzolari. Ferdinand Ier l'enrichit, l'embellit d'importants édifices, et lui procura le bienfait d'eaux salubres amenées par de longs aqueducs qui d'Asciano viennent jusqu'à Pise. Cette ville a reçu un grand nombre de bienfaits de la dynastie de Lorraine, et sous le gouvernement actuel elle n'a pas été moins favorisée parmi les villes du royaume, ce qui lui a permis de réaliser de grands progrès. Elle se promet, avec raison, d'obtenir de nouveaux et importants avantages, grâce à la vigilance de son syndic, M. le Com. Thomas Simonelli, et au zèle de son Député, M. le Prof. Ulisse Dini, lequel est toujours guidé par l'amour de sa patrie. Son préfet actuel, M. le baron François Brescia-Morra, bien que n'étant pas de la région, ne montre pas moins d'empressement à faire régner l'ordre et à donner une bonne direction à toutes choses. En 1859, son Université a recouvré la Faculté de Jurisprudence qui avait été transférée à Sienne. Elle a été embellie de nouveaux quartiers, de nouveaux édifices et de nouveaux Instituts pour la jeunesse.