La ville est entourée de murailles en forme de quadrilatère. Six portes y donnent accès: celle de la Barrière Victor-Emmanuel, la plus rapprochée de la gare; celle de Saint-Marc, ou Porte Florentine, conduisant à Florence, en traversant la plaine Pisane; celle de Porta a Mare, ancien chemin conduisant à Livourne, passant par Saint-Pierre à Grado; la Porta Nuova conduisant à Viareggio, Spezia, Gênes, etc.; la Porte de Lucques qui conduit à la ville de ce nom; et la Porte aux Plages, sur les bords de l'Arno. De ce côté on va à Calci, où est située la Chartreuse dont nous parlerons plus tard. La même voie conduit aussi aux délicieux villages de Buti, Vico Pisano, Lugnano, S. Giovanni alla Vena, Cucigliano, Uliveto, lieux renommés pour leurs huiles exquises. Hors de ces portes se trouvent d'agréables promenades dont les principales sont: celle de la Porte aux Plages, sur les bords de l'Arno, ombragée d'arbres et ornée de gracieux bosquets; celle de la Porta à Lucca, bordée de platanes jusqu'aux Bains de Saint-Julien, lieu agréable dont nous parlerons également; et celle de la Porte Neuve, par laquelle on va aux Cascine S. Rossore, ancienne métairie ducale, aujourd'hui château de chasse du roi, et de là à la mer.

Pise est divisée par le fleuve Arno en deux parties qui communiquent par le moyen de trois ponts: le Ponte di Mezzo, le Pont aux Plages, ou alla Fortezza, et le Pont Solferino, appelé aussi Pont Neuf. Il y a encore, hors de la Porta a Mare, deux autres ponts: le pont de circonvallation, utile au commerce pour transporter les marchandises sans rentrer en ville; et le pont de fer sur lequel passent les trains du chemin de fer. Les quais de l'Arno forment la promenade la plus belle et la plus animée de la ville et offrent un coup d'oeil enchanteur. Ils portent les noms de Lungarno Galileo, Gambacorti, Regio et Mediceo. On compte à Pise quatre théâtres: deux diurnes placés hors des portes et deux nocturnes en ville, savoir: Teatro Nuovo, rue Palestro (pl. 52, C. 1); R. Teatro E. Rossi, place S. Niccola (pl. 53, C. 4); Politeama, hors de Porta a Piagge (pl. 54, D 23); Arena Federighi ou Garibaldi, hors la Porta a Lucca (pl. 55, A 6).

II

La première pensée du touriste qui visite Pise est de voir ses monuments et tout d'abord ceux qui sont réunis sur la place de la Cathédrale. Pour y aller, le voyageur, après avoir passé la Barrière Victor-Emmanuel, pourra prendre à son gré la rue Fibonacci, chemin plus court, ou la rue Victor-Emmanuel qui, traversant le centre de la ville, est plus agréable. Par cette dernière, ayant passé devant la petite église de S. Domenico (pl. 44, D 7), il pourra s'arrêter afin de visiter l'église du Carmine (Carme) (pl. 9, D 6), à côté de laquelle se trouve l'Hospice de Mendicité; puis, en continuant son chemin, ayant passé les Logge de Banchi, construites en 1605, par Buontalenti, pour Ferdinand Ier, transformées aujourd'hui en halle au blé, il arrivera au Ponte di Mezzo (Pont du Milieu), ayant à droite le palais de la Préfecture et à gauche l'ancien palais Gambacorti, actuellement la Commune.

Arrivé au milieu du pont, l'étranger sera émerveillé du magnifique aspect que présentent les deux quais de l'Arno.

Ce pont est mémorable à cause du combat simulé dit le Jeu du Pont, dans lequel deux factions de citoyens se disputaient le prix.

Une autre curiosité de Pise revient à notre esprit en ce lieu: c'est la fameuse Luminara (illumination) qu'on avait l'habitude de faire tous les trois ans pour la fête de S. Ranieri (Regnier), patron de la ville. De là, mieux qu'en tout autre endroit, l'on jouissait dans toute sa splendeur du spectacle féerique des lungarni illuminés par des dessins représentant d'anciens édifices qui apparaissaient tracés en bandes de feu sur le sombre champ de la nuit.

Il est à regretter que, depuis quelques années, cette fête qui appelait tant d'étrangers de toutes les parties du monde semble tombée dans l'oubli.

Au delà du pont, on rencontre la Place du Pont où stationnent les voitures publiques, puis on rentre dans le Sotto Borgo ou via del Borgo, rue bordée de portiques. Presque au commencement on voit une église dont la sombre façade présente le caractère d'une grande antiquité; c'est l'église de Saint-Michel, (pl. 29, E 4) à laquelle était annexée une illustre Abbaye des Camaldules. Cette église a une crypte appréciée par les archéologues qui y voient un hypogée romain. Un peu plus loin vis-à-vis est le marché aux herbes.

A l'extrémité des portiques, prenant à gauche, vous trouverez la rue du Mont de Piété, et vous observerez dans un point, toujours à gauche, de chaque côté du magasin de l'orfèvre Bargellini, deux élégants chapiteaux surmontant des colonnes presque ensevelies qui appartenaient à l'ancienne église de Saint-Félix.