2° De fédéralisme;
3° D'avoir voulu la guerre civile;
4° La guerre avec toute l'Europe;
5° D'avoir tenu à une faction.»
1° Royalisme. Il trouve des arguments en sa faveur dans son attitude du 6 octobre 1791 à propos du cérémonial à observer avec le roi, dans ses discours sur le serment de la garde royale (20 avril 1792), sur la sanction du décret relatif à la Haute-cour nationale, sur Delessart, sur la cassation de la garde du roi, sur l'affaire Larivière, sur la situation générale (3 juillet); dans sa présidence du 9 au 10 août; dans la proposition qu'il fit du décret de suspension; enfin dans ses travaux depuis le 10 août à la Commission des Vingt-et-un. Il réfute ensuite ce qu'on a dit sur son attitude royaliste aux approches du 10 août. Quant à la lettre à Boze, il rappelle combien la dénonciation de Gasparin a été tardive. Ses intentions patriotiques sont prouvées par les circonstances dans lesquelles il a signé cette lettre, par son ignorance du mouvement révolutionnaire, par sa conduite postérieure. S'il ne proposa que la suspension et non pas la déchéance, c'était pour éviter la nomination d'un régent; et si un article du décret portait qu'il sera nommé un gouverneur au prince royal, c'était à la fois pour donner un otage au peuple et «pour ne pas manifester l'envie de renverser la Constitution». On lui a reproché la manière dont il présenta le décret de suspension: «Si j'avais eu des regrets monarchiques, me serais-je mis en avant?»— S'il a voté l'appel au peuple, c'était pour éloigner de la Convention la responsabilité du jugement; mais il a voté pour la mort et contre le sursis. Et Dumouriez?—Il n'a eu aucune relation avec lui ni pendant son ministère, ni pendant son généralat. Il ne l'a jamais défendu comme l'ont fait certains Montagnards. «Nous avons parlé comme Dumouriez?— Oui, quand il a parlé comme les patriotes.» Il répond avec dédain et en peu de mots à l'accusation d'avoir voulu rétablir «le petit Capet» sur le trône, à celle d'être le complice de Dillon. Lui royaliste! Quels étaient ses moyens pour faire un roi? Lui ambitieux! «Je n'ai eu ni l'ambition des places, ni celle du crédit, ni celle de la fortune: j'ai vécu pauvre. Quel titre au-dessus de celui de Représentant du peuple?»
2° Fédéralisme. «Quel intérêt? N'est-il pas plus beau pour un ambitieux de gouverner une grande République qu'un département?» Mais il a voulu la garde départementale? C'est faux. Mais il a calomnié Paris pour l'isoler des départements? C'est faux. Qui a plus calomnié Paris qu'un de ses adversaires, Barère? «Personne plus que moi n'idolâtre la gloire de Paris. Si j'ai parlé contre les provocations au pillage, c'était pour éviter que, lorsque Paris serait appauvri, on ne nous accusât.» Et il rappelle le décret qu'il fit rendre au 31 mai en l'honneur de Paris. Mais, dit-il, «nous faisons une révolution d'hommes libres, et non pas de brigands. Peut-être ne serait-il pas difficile de prouver que l'on connaissait les préparatifs de ce pillage que quelques prétendus amis de la liberté appellent du saint nom d'insurrection.—Si je voulais salir ma bouche des paroles d'un journaliste atroce ou insensé, trop connu parmi nous pour que je veuille le nommer, vous verriez que, sans être ni sorcier ni prophète, on pouvait présager ce qui vient d'arriver.—Disons toute la vérité. Il est des hommes qui veulent légitimer le vol, qui flagornent et bercent les citoyens peu fortunés de je ne sais quelles idées subversives de tous les principes sociaux.»
3° Guerre civile. «L'ai-je voulue, avant ou depuis le 31 mai? Avant? quel but? Pour un roi? Pour le fédéralisme? Quelles de mes actions induisent à le croire? Mon opinion sur l'appel? J'y déclare que je regarde comme traîtres [ceux qui pousseraient à la guerre civile].»
«On dit que j'ai mis le trouble dans la Convention. Jamais je n'ai dénoncé, jamais je n'ai répondu aux injures. J'ai pu montrer quelquefois de l'aigreur, mais j'ai toujours ramené le calme.»
Il prouve ensuite, par un récit détaillé de sa conduite avant le 31 mai, que, dénoncé, menacé, en danger de mort, il n'a jamais provoqué à la guerre civile. Quant à Toulon livré, c'est la faute du 2 juin, et non celle de Vergniaud.
4° Guerre avec toute l'Europe. Il justifie la déclaration de guerre, et montre que Danton et Barère y ont contribué.