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De même, les métaphores qui abondent dans son style n'ont rien de classique: ou elles sont simples et familières, tirées de la vie quotidienne, ou il les invente et les crée. Jamais il ne les emprunte à l'arsenal académique où Robespierre et les autres se fournissent.

Voici des exemples de cette simplicité alors nouvelle, presque scandaleuse:

«Je lui répondis (à La Fayette) que le peuple, d'un seul mouvement, balayerait ses ennemis quand il le voudrait.»

Ailleurs, il parle de la nécessité «de placer un prud'homme dans la composition des tribunaux, d'y placer un citoyen, un homme de bon sens, reconnu pour tel dans son canton, pour réprimer l'esprit de dubitation qu'ont souvent les hommes barbouillés de la science de la justice».

A propos du projet d'impôt sur les riches: «Paris a un luxe et des richesses considérables; eh bien! par ce décret, cette éponge va être pressée

Nous avons vu qu'il appelait le gouvernail de l'État une manivelle. Il reprend cette expression: «Ce qui épouvante l'Europe, c'est de voir la manivelle de ce gouvernement entre les mains de ce comité, qui est l'assemblée elle-même.»

Enfin, à propos du cautionnement exigé de certains fonctionnaires:
«C'est encore une rouille de l'ancien régime à faire disparaître.»

Ce sont là des métaphores vieilles comme la langue, mais bannies jusqu'alors de la prose noble, laissées au peuple, et que Danton apporte le premier à la tribune.

Les métaphores qu'il invente, il en emprunte les éléments aux choses du jour, aux impressions présentes, à la guerre, à l'industrie, à la science, à la Révolution même: «La Constitution … est une batterie qui fait un feu à mitraille contre les ennemis de la liberté.»