— Vous allez me punir, Monsieur, de ce que la nature m’a donné le don des langues. J’apprends avec facilité les dialectes des contrées où je vais exercer mon commerce : j’ai appris, par exemple, le dialecte d’Iviza.

— Eh bien, vous serez pris au mot… J’aperçois ici un soldat d’Iviza ; vous allez lier conversation avec lui.

— J’y consens ; je vais même chanter la chanson des chèvres. »

Les vers de ce chant (si vers il y a) sont séparés de deux en deux par une imitation du bêlement de la chèvre.

Je me mis aussitôt, avec une audace dont je suis actuellement étonné, à entonner cet air chanté par tous les bergers de l’île :

Ah graciada señora

Una canzo bouil canta

Bè bè bè bè.

No sera gaira pulida,

No sé si vos agradara