Aussi sa mort, quoique prévue par les hommes de l’art, quoique annoncée partout comme prochaine, imminente, a-t-elle produit une profonde sensation. A Paris, à Berlin, à Londres, à New-York, à Bruxelles, à Genève, partout où il y a un monde savant ou politique, dans les grandes cités de tous les pays aussi bien que dans les plus petits villages de cette France qu’il aimait tant et où il était si populaire, ce fut un événement douloureux, dont chacun parlera longtemps. Heureux privilége d’une grande science et d’un beau caractère, la mort d’Arago ne trouva indifférents ni le savant, ni l’artiste, ni le littérateur, ni l’homme politique ; l’agriculteur lui-même est ému de la perte immense qu’a faite l’humanité.

C’est le propre des grands génies de ne rien laisser en dehors de leur influence, de ne pas passer sans qu’un seul homme puisse dire : Je ne lui dois rien. Savants, industriels, agriculteurs, ouvriers, soldats, hommes du monde, Arago a travaillé pour tous ! tous devaient le regretter, tous le regrettèrent.

Quelques semaines après sa mort, ses œuvres, dont il n’avait jamais voulu tirer un écu de son vivant, furent achetées 100,000 francs, prix modique, eu égard à leur valeur, par des libraires de Paris.

FIN.

TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS CE VOLUME.

Introduction, par M. de Humboldt.

[V]

HISTOIRE DE LA JEUNESSE DE FRANÇOIS ARAGO.

I. — Pourquoi j’écris l’histoire de ma jeunesse.

[35]

II. — Ma naissance, mon père, mon âge en 1793.

[36]

III. — Je vais à l’école primaire. — Mes goûts militaires. — Lesprisonniers espagnols. — Je m’armed’une lance. — J’avais sept ans.

[36]

IV. — Mon père trésorier de la Monnaie. — Nousquittons Estagel. — J’entre au collége communal. — M.Cressac. — J’abandonne les études littéraires pourles mathématiques. — Les leçons de M. Verdier. — M.Raynal et sa cousine. — Conseil de d’Alemberttrouvé sous la couverture d’un livre. — Je me préparesans maître à entrer à l’école polytechnique. — Monambition d’être officier d’artillerie. — J’apprends lamusique, à faire des armes et à danser. — M. Méchain.

[38]

V. — M. Monge m’examine. — Comment commençal’examen, comment il finit.

[43]

VI. — J’entre à l’école polytechnique en 1803. — LaBrigade des Gascons et des Bretons. — M. Legendre. — Jesubis l’examen. — L’élève qui me précédaits’évanouit. — Mon nom déplaît à Legendre. — Bizarremode d’examen. — M. Barruel. — L’école en1804. — MM. Hassenfratz et Leboullenger. — Avez-vousvu la lune ?

[45]

VII. — Je suis nommé chef de brigade. — Hachette. — Poisson. — Politiqueet mathématiques ne sont pas la même chose. — La conspiration deMoreau. — Deux refus des élèves. — Le général Lacuée. — L’écolefait de l’opposition à l’empire. — Paroles de Napoléon. — Leserment d’obéissance demandé aux élèves. — Brissot le refuse. — Mondétachement refuse de l’arrêter. — Il est expulsé.

[51]

VIII. — Je suis détaché à l’Observatoire en missionspéciale. — Poisson et Laplace. — La clef du sucre. — Caractèrede Laplace.

[54]

IX. — Projets de Brissot contre la vie de l’empereur. — Réponsede sa mère. — Il meurt légitimiste.

[52]

X. — Je deviens le collaborateur de Biot. — Nousquittons Paris en 1806. — Le Desierto de las Palmas. — Lesdeux chartreux. — Mes courses dans les montagnes.

[59]

XI. — Proclamation du prince de la Paix. — Commentelle est mise au compte du Portugal. — M. Lanusse.

[61]

XII. — Valence. — Mlle B***. — Son fiancé. — Isidroet sa mule. — Scène de mœurs.

[62]

XIII. — Une anecdote. — Je donne l’hospitalité auchef des bandits. — Mon ami le voleur m’est fortutile. — Nous sommes attaqués. — La lampe allumée. — Lesvoleurs d’Oropeza. — Supprimez le boudin.

[64]

XIV. — Les habitants des trois provinces. — Leurshaines. — Origine du mot schuros. — Supériorité desbergers et des bergères d’Espagne sur ceux etcelles de France.

[71]

XV. — Le saint-office en 1807. — Supplice odieuxinfligé à une prétendue sorcière.

[74]

XVI. — Les chartreux. — Le père Trivulce. — Lejeune moine et M. Biot.

[76]

XVII. — Anecdote. — Messe singulière dite pourmoi seul.

[79]

XVIII. — Abus du droit d’asile.

[79]

XIX. — L’archevêque de Valence, général desFranciscains. — Son anneau pastoral et le coup depoing.

[80]

XX. — M. Biot revient à Valence. — Le Clop deGalazo. — La population se soulève contre les Français. — Unofficier d’ordonnance de Napoléon. — J’échappeà la faveur d’un déguisement. — Je demandeà être emprisonné au château de Belver. — Jereçois un coup de poignard. — Le gouverneur. — Lepremier hydropathe. — Un moine a le dessein dem’empoisonner.

[82]

XXI. — Je lis la relation de mon supplice et decelui de M. Berthemie. — Projets d’évasion. — RodriguezDamian, sa barque et trois matelots. — Mesinstruments sont dans la barque. — Ilede Cabrera. — Danger de M. Berthemie. — Nous arrivonsà Alger.

[86]

XXII. — Nous sommes reçus à coups de perche. — M.Dubois-Thainville. — La plaisanterie d’un janissaire. — Jecouche avec un hérisson. — Notre transformation. — Noussommes Hongrois.

[90]

XXIII. — 13 août 1808. — Comment le capitaineRaï Braham Ouled Mustapha complète son équipage. — Deuxlions. — Des singes et des marchands deplumes d’autruches pour compagnons de voyage. — Unbâtiment américain.

[92]

XXIV. — Le corsaire. — Nous sommes capturés. — Entréedans la rade de Rosas. — Pourquoi je restais aulit. — Quarantaine dans un moulin à vent.

[94]

XXV. — Interrogatoire singulier. — Je chante lachanson des chèvres. — Effet que je produis.

[96]

XXVI. — On me baise la main. — Je fais des pétitionspour tout le monde. — On me propose de me fairemahométan. — Le capitaine anglais George Eyre etmes manuscrits.

[99]

XXVII. — Je prends le parti de dire qui je suis. — Jeredeviens marchand ambulant. — J’essaye de m’évader. — Aquoi je pensais quand je croyais qu’onallait me fusiller.

[102]

XXVIII. — On nous enferme dans la forteresse deRosas. — Ma marmite et nos croûtes de pain. — Jevends la montre de mon père soixante francs pour assouvirnotre faim. — Comment mon père retrouvecette montre.

[105]

XXIX. — On nous transfère dans la chapelle desmorts. — Nous sommes gardés par des paysans. — Lasœur de l’apothicaire de Cadaquès me reconnaîtpour son neveu et m’embrasse.

[107]

XXX. — On nous transporte dans le Bouton deRosas, puis au port de Palamos, puis dans un ponton. — Jefais connaissance avec la duchesse d’Orléans,mère de Louis-Philippe. — Elle nous donne un painde sucre. — L’once d’or et la tabatière. — Commentma mère apprend que je ne suis pas mort. — Unimmense plat de pommes de terre. — Combat àson sujet.

[109]

XXXI. — Nouveaux interrogatoires. — L’ordre denous relâcher arrive.

[113]

XXXII. — Il était écrit que nous n’entrerions pas àMarseille. — Le temps nous pousse à Bougie. — M.Berthemie et moi, nous prenons la résolution degagner Alger par terre. — Nous donnons une déchargeau caïd de Bougie. — Il me prend ma cravate. — Mesadieux au lion. — A quoi nous avaient serviles singes. — Les Kabyles. — Les lions. — La belleétoile. — Nous sommes battus par une jolie femme. — Lascène du Mamamouchi jouée sans rire.

[115]

XXXIII. — La duchesse d’Orléans. — Ses deux lettres.

[124]

XXXIV. — Le dey régnant ex-épileur de corpsmorts. — Il est pendu.

[125]

XXXV. — On ouvre mes caisses.

[126]

XXXVI. — Alger. — La politique au bagne d’Alger.

[127]

XXXVII. — Le janissaire la Terreur. — Commentil se guérit d’une douleur rhumatismale. — Le père Josué.

[128]

XXXVIII. — Conversation avec le fils d’un Turcfin sur les mariages turcs et la pluralité des femmes.

[130]

XXXIX. — Le dey d’Alger déclare la guerre à laFrance.

[133]

XL. — Une prise française. — Un bras scié par unhussard. — Les canons de bois.

[134]

XLI. — 1809, je m’embarque avec M. Dubois-Thainvilleet sa famille.

[138]

XLII. — La malle aux lettres. — Le lazaret de Marseille.

[139]

XLIII. — J’avais mis onze mois pour faire la traverséed’Alger à Marseille. — Première lettre de M. deHumboldt. — M. Pons. — La gazelle. — Ses larmes.

[142]

XLIV. — Perpignan. — Ma mère. — Je dépose mesobservations au Bureau des longitudes. — Je suisnommé académicien le 18 septembre 1809.

[145]

XLV. — Opposition de M. de Laplace. — Mon bilanscientifique à cette époque. — Réponse de Lagrange. — Labotte de foin au bout du timon. — M.de Laplace se rend.

[145]

XLVI. — Ma présentation à l’Empereur. — Sa cruautéenvers M. Lamarck. — Réplique de Lanjuinais.

[150]

XLVII. — Je suis nommé astronome adjoint. — Tracasseriesde l’autorité militaire.

[153]

XLVIII. — Je succède à M. Monge. — Secret de cettenomination. — La maison grise. — Lesueur, Colin. — M. Binet.

[154]

XLIX. — Les nominations à l’Académie et les candidats.

[156]

L. — Intervention du gouvernement dans les candidatures.

[157]

LI. — Le grand électeur. — M. Nicollet.

[158]

LII. — De la reconnaissance.

[159]

LIII. — Mort de Delambre. — 19 août 1822. — Lesdeux billets de M. de Laplace.

[160]

LIV. — Mort de Fourier. — Le 16 mai 1830. — Jesuis nommé secrétaire perpétuel de l’Académie. — Jedonne ma démission de professeur de l’écolepolytechnique.

[162]

SUITE DE LA VIE DE FRANÇOIS ARAGO.

I. — L’homme privé. — L’homme public. — Portraitde F. Arago. — Sa famille. — Son dernier voyagevers sa terre natale.

[165]

II. — 1830. — Entrevue avec Marmont pendant lecombat. — Son amour pour la science. — Son espritde justice. — Les étoiles filantes et M. Quetelet. — Extraitd’une lettre de F. Arago. — F. Arago àBruxelles. — M. Quetelet à Paris. — Daguerre. — Vicat. — Œuvresde Laplace et de Fermat. — Lemusée de Cluny. — La Seine navigable. — Les cheminsde fer. — Les fortifications de Paris. — Le puitsde Grenelle. — Publicité des comptes-rendus. — Lenom d’Arago rayé de la liste des membres du jurypour les produits de l’industrie par M. Duchâtel. — Lettrede M. Thenard. — Glascow et Édimbourg nommentF. Arago citoyen de leurs cités.

[168]

III. — 1848. — F. Arago membre du gouvernementprovisoire. — F. Arago ministre de la guerre etde la marine. — Éclairage des phares. — Abolition del’esclavage. — Suppression du supplice de la garcette. — Parolesdu vice-amiral Baudin sur la tombede F. Arago. — F. Arago refuse ses appointements deministre. — Sa haine pour le cumul. — Secrétaireperpétuel de l’Académie, professeur à l’École polytechnique,directeur de l’Observatoire, il ne toucheque 11,000 francs de traitement. — Annuaire duBureau des longitudes. — Notices publiées gratuitement. — Réponsede M. Biot. — F. Arago meurt pauvre. — Safrugalité. — Il ne portait aucune décoration. — Associéde toutes les académies du monde. — Lettrede F. Arago à l’occasion de son refus de se portercomme candidat à l’Académie française. — F. Aragoécrivain. — Appréciation de M. Saint-Marc-Girardin. — Coursd’astronomie de F. Arago à l’Observatoire. — Aragohistorien de l’Académie. — Appréciation deM. Flourens. — Opinion de M. Combes. — Arago inventeur. — Lapolarisation chromatique. — Le saccharimètre. — Propriétéqu’a l’électricité d’aimanter le fer. — Originedes télégraphes électriques. — Le magnétismepar rotation. — Travaux de Dulong et de F. Arago. — Théoriede l’émission de Newton renversée parF. Arago. — Hommage de M. de Rive de Genève. — Aragodictant son Astronomie populaire. — Méthodesnouvelles qui lui sont dues, etc.

[175]

IV. — Sensibilité de F. Arago. — Anecdotes. — Aragoprêtant sa décoration à M. ***. — M. de Humboldtet le roi de Prusse chez F. Arago. — Son patriotisme. — F.Arago à Londres avec M. Quetelet. — Repartieà propos du pont de Waterloo. — Le directeur del’Observatoire de Paris et le directeur del’Observatoire de Bruxelles, à Louvain. — Une seulechambre pour deux. — Aveux difficiles. — F. Aragorefuse d’aller en Amérique avec Napoléon et d’êtredirecteur des sciences en Russie. — Habitude originale.

[191]

V. — F. Arago, devenu presque aveugle, annonce àl’Institut qu’il va publier les résultats scientifiquesqu’il a obtenus. — Expositions verbales. — Refus deserment. — Il meurt le 2 octobre 1853. — Ses adversairesobligés de rendre justice à sa mémoire. — M.Sainte-Beuve. — Ses deux projets de statue. — Obsèquesde F. Arago.

[201]

FIN DE LA TABLE.

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