Le fremi li a dist:
Ja ne vous aiderai…»
(Marie de France.)
Et quand il l'aurait remarqué, il ne se fût pas arrêté à cela: Marot ignorait déjà les règles du vieux français, comme il l'a prouvé par son édition de Villon. A son tour, Marot a trompé la Fontaine. Les erreurs se lèguent comme les vérités, et mieux encore.
L's a servi également de finale euphonique à la première personne du singulier des verbes. Par exemple, dans ce vers de Constant Duhamel:
J'ai en vous, dit il, mal parent;
On prononçait, je n'en doute pas, j'aiS en vous… comme on disait je suiS un homme de bien. L's s'est attachée au verbe être, et ne s'est pas attachée au verbe avoir. C'est un fait bizarre et certain, que l'écriture est beaucoup plus inconséquente que la parole.
Mais l's n'était pas la finale étymologique de cette première personne. C'était l'e muet, du moins à l'imparfait:
| Eram, | j'ere. | Amabam, | j'aimoie. |
| Eras, | tu eres. | Amabas, | tu aimois. |
| Erat, | il eret, il ert. | Amabat, | il aimoit. |
Les poëtes se permirent de retrancher cet e, j'aimeroi, j'alloi, je faisoi; et le soin de l'euphonie amena l'insertion de l's, par l'antipathie instinctive de l'hiatus. Ronsard ayant dit: