(Roman de Coucy, v. 3271.)

D'unes fauses armes l'arma

Li rois qui molt petit l'ama.

(La Violette, p. 90.)

D'unes forces qu'ot apportées

A errant ses tresces copées.

(Roman de Coucy, v. 7344.)

Les Espagnols disent de même unos, unas. On s'en étonne, l'on a tort. L'erreur vient de ce qu'aujourd'hui l's ajoutée à la fin d'un mot ne réveille plus que l'idée de pluriel; et l'on croit avoir produit un argument sans réplique, en disant que un ne peut avoir de pluriel. Il n'est pas question ici de pluriel, mais bien d'euphonie; l's finale avait autrefois deux fonctions: si nous n'en connaissons plus qu'une, ce n'est pas la faute de ceux qui l'ont employée à son second usage.

Deux vient de duo; la première forme a été dui, dou, dous devant une voyelle.

Il estoient jadis dui frere,