Neuf, de novem.
Dix, de decem, est obligé de recourir à l's finale pour pouvoir se maintenir devant une voyelle.
Vingt, dans le livre des Rois, est partout écrit vinz:
—«Respundi Berzellai: Sire, viels hum sui de quatre vinz ans.» (P. 195.)
C'est notre prononciation actuelle, de même que pour cent au pluriel: dans le livre des Rois il est toujours écrit cenz:
—«E li fers de sa lance pesad treis cenz unces.» (Rois, p. 208.)
Il n'y aurait donc que le mot quatre que l'on aurait laissé manquer d'une consonne euphonique dans un temps où l'on s'en montrait si libéral? Cela n'est pas croyable; quatres yeux dépose contre cette supposition. C'est peu, dira-t-on, d'un seul exemple; il est vrai: en voici donc d'autres. Le premier se trouve dans la chanson de Malbrou, qui est une pièce du moyen âge, comme j'espère le faire voir ailleurs:
L'ai vu porter en terre par quatreS officiers.
—«Li quatreS maistres de l'hospital… Des quatreS maistres de l'ospital…»
(Hist. de Metz, texte de 1284.)