Fallot, à qui j'emprunte cette dernière citation, ne manque pas de voir là son système de déclinaisons, et des sujets et des régimes. «Il faut observer, dit-il, que dans cet exemple même la règle est mal suivie, puisque le premier quatre, sujet, devrait être écrit sans s.» (Pag. 232.) On n'a jamais pensé à décliner ni quatre, ni deux; il n'y a là que le soin de l'euphonie. Mais Fallot s'était entêté de ce malheureux système: rien ne pouvait lui dessiller les yeux.

T.

On lit dans Montaigne (livre III, ch. 2):

«Ayez un maistre ès arts, conferez avecques luy: que ne nous faict il sentir ceste excellence artificielle?… Que ne nous domine il et persuade comme il veut? Un homme si advantageux en matiere et en conduite, pourquoy mesle il à son escrime les injures, l'indiscretion et la rage?»

Vous trouverez cette façon d'écrire dans la reine de Navarre, dans tous les écrivains antérieurs au XVIIe siècle. Qui se fierait au témoignage de cette écriture s'abuserait fort, car on ne manquait pas de prononcer avec un t intermédiaire, comme aujourd'hui nous écrivons.—«Souvent aussi, dit Jacques Pelletier, nous prononçons des lettres qui ne s'écrivent pas, comme quand nous disons dine-ti? ira-ti? et écrivons dine-il? ira-il? et seroit chose ridicule si nous les écrivions selon qu'ils se prononcent.» (Ier livre de l'Orthographe, p. 57.)

Le témoignage de Théodore de Bèze n'est pas moins formel.—«Cette lettre, dit-il en parlant du t, offre une particularité curieuse: c'est qu'on la prononce là où elle n'est pas écrite. Vous voyez écrit parle il? et vous prononcez, en intercalant le t, parle til? On écrit ira il? parlera il? va il? aime il? et l'on prononce ira til? parlera til? va til? aime til?» (De Fr. ling. recta pronunt., p. 36.)

Cela démontre surabondamment combien l'écriture est un témoin trompeur de la prononciation.

Mais quand, au lieu du pronom il, on employait on indéterminé, le t euphonique n'était pas nécessaire, parce que l'on recourait à cette forme l'on.

Montaigne parlant des grands:—«A l'adventure les estime l'on et apperceoit moindres qu'ils ne sont.»

«Les dignités, les charges se donnent necessairement plus par fortune que par mérite, et a lon tort souvent de s'en prendre aux roys.» (Livre III, ch. 8.)