E si parent ki plaidet unt pur lui.

(St. 288.)

[36] Vretu.

«Les Français s'écrient: Dieu y a fait vertu! Il est bien droit que Ganes soit pendu, lui et ses parents qui ont plaidé pour lui.»

Ganelon n'est point pendu, mais il est tiré à quatre chevaux. Pinabel et le reste sont accrochés à des potences, al arbre de mal fust ou de bois maudit, comme parle le poëte. Le brave Thierry assiste au supplice de Ganelon entre les bras de Charlemagne, qui lui essuie le visage de ses superbes fourrures de martre:

Li reis ad pris Tierri entre sa brace;

Tert lui le vis od ses granz pelz de martre.

(St. 289.)

Ainsi se termine ce poëme, le plus curieux peut-être et le plus intéressant que nous aient légué nos aïeux; par malheur, c'est aussi le plus mutilé.

Donc, pour lire et apprécier des vers composés au moyen âge, la première condition serait de savoir replacer en leur lieu les consonnes euphoniques omises la moitié du temps par les copistes, comme aussi de négliger celles qu'ils marquent trop souvent hors de propos.