(Garin.)

Il a dit coiement et en a mult juré

Qu'il n'en demourroit ja au jor de son .

(Chron. de Duguesclin.)

était par apocope d'ætas. Par la suite des temps, l'é est devenu muet; on a intercalé un g euphonique, et nous avons âge, dont l'accent circonflexe rappelle encore de loin la diphthongue d'ætas.

AI, AU.

On écrivait trair, oir, maistre, veoir, et l'on prononçait trahir, ouïr, ma-ïstre (magister), vé-oir. C'est une inconséquence moderne de dire trahir et traître; l'ancienne langue prononçait traï-tre ou trahitre; trahison a été mieux conservé.

Un écolier à qui vous présenterez le mot laicus, le lira naturellement en trois syllabes; les Français écrivaient aussi laic, et prononçaient, selon l'occurrence du mot suivant, laï ou laïque; frère laï;—laïque ou sacré. On dit aujourd'hui, avec une double forme écrite et parlée,—un laïque et frère lai:

Car dans ces dîmes de rebut

Les lais trouvaient encore à frire.