(La Fontaine.)
Cela est aussi peu judicieux que haïr et je hais. Jadis la diérèse était constante: haine sonnait haïne, sans qu'il fût besoin d'indication particulière.
Et encore au XVIe siècle, qui est l'époque où l'on se mit à bouleverser la langue, on maintenait je haïs. Joachim du Bellay fut un des premiers à se permettre je hais:
Je hay les biens que l'on adore,
Je hay les honneurs qui perissent.
De quoi il fut aigrement repris par un des meilleurs élèves de Marot, Charles Fontaine:—«La première personne du verbe haïr, que tu fais monosyllabe, est de deux syllabes divisées, sans diphthongue, comme il appert par le participe et l'infinitif qui sont divisés, et ainsi par tous les temps et personnes» (Quintil. Horatian.)
Par la même raison, au sonnait a-ü. Caoir ou chaoir de cadere, faisait au participe caut, ou chaut; c'est-à-dire kaüt. C'est ainsi qu'il faut prononcer dans cette phrase de saint Bernard:—«E por ce Deu creat il les hommes,… ki restorassent les murs de Jerusalem, ki chaut[37] estoient.» (P. 524.)
[37] Le nom bien connu d'une danse obscène signifie la chute.
Carles cancelet; por poi qu'il n'est caut;