Les diminutifs bosquet ou boquet, bocage, boquillon, ne laissent aucun doute.
D'historia on fit ESTOIRE, qu'on prononçait étore:
—«Per Diu, souvieigne vous des preudomes anciens qui devant nous ont esté, et qui encore sont ramenteu es livres des estores.» (Villehard., p. 180.)
D'estore se forma le verbe estorer, plus tard historier, qui se dit encore familièrement dans le sens de garnir, arranger avec soin. La Bible historiaus est une Bible ornée de nombreuses enluminures.
La plupart des contrats de mariage passés sous l'empire de la coutume de Picardie, réservent à la femme, en cas de décès du mari, avant tout, sa chambre étorée,—sa chambre garnie[45].
[45] Le Dictionnaire de Trévoux ne donne pas le verbe estorer; mais, interprétant mal quelques phrases de Villehardouin, il donne estoire et estorée (une estorée), qu'il traduit par navis, classis, exercitus navalis. C'est une grave erreur.—«Le roi d'Angleterre avait fait appareiller une grant estorée de nef.» (Chr. de Flandres.) Une grande histoire de vaisseaux.—«Comment ils puissent avoir navire et estoire.» (Villehardouin.) C'est navire et le reste de l'équipement, et toute l'histoire. Selon Trévoux, qui cite cette phrase, ce serait navire et navire.—«Mult fut belle cette estoire, et riche.» (Villehardouin.) Tout cet appareil fut très-beau, toute cette histoire fut très-riche.
Trévoux conclut en dérivant estoire de stolus, stolium, et du grec stello, j'envoie. C'est quelquefois un malheur d'être si savant.
Le Dictionnaire de Napoléon Landais fait ce petit article:
«ESTORÉE, subst. fém. (ècetorée), flotte, armée navale.—Inusité.»
Le Complément du Dictionnaire de l'Académie dit: