(Partonopeus, v. 1697.)
Il arrive même souvent que cette r est supprimée dans l'écriture. M. Méon, dans son glossaire du Roman de la Rose, fait cette note sur le mot chartre:—«Aux Quinze joyes du mariage, on lit geolier chatrin, parce que les anciens ôtaient l'r de plusieurs mots; ils écrivaient quatier, mabre, paler, bone (borne).» (Méon, R. de la Rose, IV, p. 228.) On voit que le grasseyement parisien remonte très-haut.
Garson est le mot gars, avec la forme augmentative italienne one. La Normandie a retenu l'usage de gars, qu'elle prononce gâs, très-long:—Mon gâs;—N'a-vous point vu mon gâs? On prononçait donc aussi gâçon. C'est la prononciation légitime et primitive; il est fâcheux qu'elle soit devenue ridicule, comme il est fâcheux que le féminin de gars, qui ne signifiait d'abord qu'une jeune fille, soit devenu une grossière injure.
Fors, qui est aujourd'hui hors, éteignait également l'r et sonnait fô. La preuve existe dans le mot faubourg, dont la vraie et primitive orthographe est forsbourg;—bourg extérieur, du dehors.—Les gens qui écrivent, abusés par leur oreille et leur ignorance, ont noté faux-bourg. Il n'y a rien de faux dans un faubourg; mais il est situé foras burgi.
Armure se prononçait amure, et souvent on le rencontre figuré ainsi. Anséis frappe Turgis, et lui met au corps l'armure de son bon épieu:
Del bon espiet el cors li met l'amure.
(Ch. de Roland, st. 97.)
Arme et ame se confondant par la prononciation, on ne doit pas être surpris que les copistes aient fréquemment confondu aussi l'orthographe des deux mots, et mis l'un pour l'autre.
Dans le Fabel d'Aloul:
Tel loier a qui ce encharge;