PAR est aujourd'hui destitué d'un privilége important, emprunté aux coutumes de la grammaire latine. Per se joignait aux verbes, aux adjectifs, aux adverbes, pour leur communiquer la force d'un superlatif, une idée de perfection. Ainsi, permagnus, pergravis, peramarus, pour maximus, gravissimus, amarissimus.—Pernoctare, veiller la nuit entière.—Peragere, faire complétement, parachever.
Parachever a vieilli; parfournir ne se dit plus; mais nous disons encore parcourir et parfumer.
Son bon destrier que il paramoit si!
(Garin, t. II, p. 147.)
Villehardouin emploie paraller pour aller jusqu'au bout. L'empereur eût poussé sa course jusqu'à Salonique, s'il eût pu.—«Il fust paralés jusques a Salenyque, s'il peust.»
(Villehard., p. 194.)
Le vieux français accordait à par, dans cette fonction, une liberté dont per ne jouissait pas en latin; c'est que par n'était pas nécessairement uni au mot auquel il communiquait sa vertu: il y avait tmèse le plus souvent.
Dans l'Adoubement Vivien, Guillaume au court nez dit à son cheval, qui va succomber de fatigue:
Cheval, moult par estes lassez!
Parlassé, perlassus.