Belliam est au cas régime. Il est vrai que, plus loin, on rencontre: «Qui de la Virge en BélianT naquit.»
«Beliant, dit M. Ampère, est le cas régime en t de Bethléem, comme Belliam en est le cas régime en am.» (P. 72.)
Il ne se peut rien de plus commode pour l'inventeur du système; pour ses lecteurs, c'est autre chose.
M. Ampère aurait dû s'apercevoir que l'argument tiré des noms propres traduits est sans valeur, parce que ces noms propres n'ayant pas de forme déterminée en français, on les transportait tels qu'on les rencontrait. Deus dixit Moysi: Dieu dit à Moysi.—Deus allocutus est Moysen: Dieu dit à Moysen ou à Moysant.—Reedificavit ergo Salomon… Palmiram in terra solitudinis: «Puis reedifiad li reis Salomun… Palmiram qui est al desert.» (Rois, p. 269.)—Dux super Israel et super Judam: «Maistres sur Israel e sur Judam» (Formation de la lang. franç., p. 224), etc. En Baalim, de Niniven, et autres, que cite M. Ampère, ne concluent rien du tout par rapport à la langue française. Turold avait besoin d'une rime à tourment, il écrit Niniven; ailleurs il dit, en apostrophant Dieu le père:
Saint Lazaron de mort resurrexis
Et Daniel des lions guaresis.
(Roland, st. 173.)
Lazaron, dans le premier vers, faisait mieux son affaire que Lazare, et Danielem l'eût gêné dans le second.
Je ne vois nulle part le cas régime de Roland, Olivier, Michel, Turpin, etc.
«Il y a aussi des exemples de cas régime en in,» dit M. Ampère, qui cite pour preuve: