AVEC. Dans le livre des Rois, dans Job, dans S. Bernard, dans la chanson de Roland, dans Wace, en un mot, dans les monuments les plus anciens de la langue, on trouve o en la signification de avec.

Od est le même mot pourvu du d euphonique.

«Sire, tu serais seint od le seint (sanctus cum sancto), e od le fort parfit.»

(Rois, p. 208.)

Cet o est l'abréviation de ove, ou ovec, avec le c euphonique.

«Quomodo fuit Dominus cum domino meo?»—«Tut issi cume Deu ad esté ove tei mun seignur.» (Rois, p. 224.)—«E jo serai parfit (perfectus) ovec li.»

(Rois, p. 208.)

L'e était muet, car on a écrit avoec, qui sonnait aveu; les Picards disent encore aveu, aveu ti (avec toi). Plus tard, l'o initial s'est changé en a, comme cela n'est pas rare, et ovec est devenu avec, qui, après s'être allongé au XVe siècle en avecques, vers le milieu du XVIe s'est vu réduit successivement en avecque sans s, par conséquent sujet à l'élision; puis avecq', et enfin avec, au XVIIIe comme au XIIe: ç'a été une espèce de flux et de reflux.

Mais cet ove qui a servi de point de départ, d'où venait-il?