AYE est de deux syllabes; aïe, c'est-à-dire aide. D'adjutorium, les Italiens ont fait aiuta; d'aiuta, les Français, en syncopant encore, ont fait aye.

L'intermédiaire de l'italien est prouvé par la forme aiue, qui n'est pas rare, même au XIIIe siècle:

Aiue Dieu, dit-il, à vous je me commant.

(Les quatre fils Aymon, v. 446.)

«Aide de Dieu, dit-il, je me recommande à vous.»

Hébers, dans le Dolopathos, dit que le jeune prince Lucinien s'étant enfermé pour lire un livre de son précepteur Virgile, tout à coup poussa un grand cri, et tomba évanoui sur le pavé. Sa voix frappe d'épouvante tous ceux qui l'ont entendue: il avait bien besoin de secours:

Un cri geta si hautement,

Si orrible et si dolerex,

Que tuit cil en furent poerex,