De bouquets de jasmin, de grenade et d'orange.

(Le Menteur, I, 5.)

Corneille a cru qu'il pouvait dire un bouquet d'orange, comme un bouquet de grenade, et non de grenadier; de jasmin, et non de jasminier. En effet, l'analogie l'excuse.

Je ne vois pas ce qu'a de choquant jardin des Olives. Il paraît aussi loisible de désigner un jardin par le nom des fruits ou des fleurs que par celui des arbres à fleurs ou fruits. Jardin des roses est aussi bien et même mieux dit que jardin des rosiers.

Mais, outre cette raison, il en existe une autre; c'est que le mot olivier est récent, et qu'autrefois olive était le nom commun à l'arbre et à son fruit:

En Saragoze est Marsile li ber;

Soz une olive se sist por deporter.

(Roncisvalle, introd. du Roland, p. XLVII.)

«Le roi Marsile le brave est à Saragosse; il est assis sous un olivier pour se rafraîchir.»

Blancandrin lui conseille d'envoyer à Charlemagne, au siége de Cordes, des ambassadeurs portant des branches d'olivier: