Ainsi que la cherté par édit l'ordonna,

Faisoit un beau discours dessus la lézina.

C'est ainsi que toutes les éditions écrivent le dernier vers. L'étymologie commandait de mettre:

Faisoit un beau discours dessus l'alésina.

Évidemment, Regnier fait allusion au livre de Vialardi, et se sert du mot italien, qui, probablement, n'avait pas encore été francisé en lésine. On aurait dû dire alesine, comme on avait fait par syncope alesne. J'observerai, en passant, que Regnier se nourrissait de la lecture des ouvrages italiens; il est plein d'imitations du Caporali, du Mauro et d'autres.

Pourquoi appelait-on les avares la Compagnie de l'alêne? L'abbé Goujet dit que l'on était reçu dans la compagnie de l'alesina quand on savait bien manier l'alêne et allonger le cuir avec les dents. C'est une explication conjecturale, et imaginée évidemment d'après la locution qu'il s'agit d'expliquer. Il est probable qu'on trouverait la véritable origine de cette métaphore dans le livre de Vialardi. Je ne l'ai point vu, mais je crois pouvoir rapporter au symbole qu'il a choisi cette expression du peuple, pour dire qu'un cuisinier a été avare de beurre dans un ragoût: On y a mis du beurre avec une alêne.

Vialardi n'a point d'article dans la Biographie universelle; Ginguené n'en fait pas mention davantage. Baillet et l'abbé Goujet parlent de lui et de son livre. (Anti, in-4o, p. 368, et Biblioth. française, VIII, 134.)

MYSTÈRES.

De quelques finesses de versification que l'on croit modernes.

Quand on veut donner l'idée d'une composition grossière et barbare, on cite toujours les Mystères du moyen âge. On ne les a pas lus, mais n'importe: on les méprise de confiance. Ce sont des œuvres très-irrégulières sans doute, mais l'art n'y est pas si étranger qu'on le croit bien. Qui prendrait la peine de les examiner, y pourrait faire des découvertes intéressantes, et aussi inattendues que celui qui, en battant les broussailles, trouverait des pièces d'or.