Vous noterez que l'ange était un drôle,
Un frère Jean, novice de léans.
(LA FONTAINE, Féronde, ou le Purgatoire.)
La Fontaine emploie souvent léans et céans. Molière n'emploie que le second, l'autre était déjà trop vieux; mais céans avait toujours cours parmi la bourgeoisie. Il sied admirablement dans la bouche de madame Jourdain, de madame Pernelle, de Dorine, de Chrysalde.
Mais les rogneurs de notre langue ont décidé qu'ici et là suffisaient à tout.
LÉSINE, ALESINE.
On devrait dire alesine, l'alesine; la lésine est la même faute que la Guyane, la Natolie. (Voy. p. [150] et [397].)
Alesina est, en italien, une alêne de cordonnier. A la fin du XVIe siècle, Vialardi composa une satire de l'avarice et des avares, intitulée la Compagnie de l'Alène, la Compagnia dell' Alesina. Ce livre, qui obtint un très-grand succès, fut traduit dans notre langue en 1604, et fit éclore une foule d'imitations: les Noces de la Lésine, la Contre-Lésine, etc. Le mot lésine ne remonte donc pas plus haut que le XVIe siècle. Regnier, dans sa satire du mauvais repas:
Or, durant ce festin, damoyselle famine,
Avec son nez étique et sa mourante mine,