[104] «Harer les chiens,—Attizare i cani a la caccia,—Echar los perros tras la caça.» (Trésor des trois langues.)

Ce mot manque dans Furetière.

Il me semble que des gens qui en sont venus là n'étaient pas absolument des brutes, ni des imbéciles grotesques, tels que nous les montre Notre-Dame de Paris. A la vérité, ils n'ont pas su proclamer avec emphase l'art, les artistes, leur sacerdoce, leur mission; ni vanter leurs propres vers ciselés, profondément fouillés; ni les arabesques de leur style, ni leurs âmes saintes; ni la gloire des gargouilles, des tarasques, des campaniles, des colonnettes; ni interpréter les portails, ni appeler les cathédrales des poëmes de pierre; enfin, rien! Ils sont inconnus: c'est bien fait!

OGIER LE DANOIS.—Origine de ce surnom.

Ogier le Danois n'avait rien de commun avec le Danemark. Son père était gouverneur de la Marche, c'est-à-dire, de la frontière d'Ardène. Ogier, né dans ce pays, était donc Ogier l'Ardenois, qu'on prononçait l'Adanois (r muette, en sonnant an).

De l'Adanois on fit le Danois.

Nous avons le poëme d'Ogier l'Ardenois, par Raimbert, de Paris, qui écrivait au XIIe siècle. Ce poëme a été publié; Ogier y est à chaque instant appelé le Danois, le bon Danois, et nulle part on n'y raconte l'origine de ce surnom. Il est singulier de voir Ogier appelé dans le titre l'Ardenois, et dans le texte le Danois. Voici comment cela peut s'expliquer: La composition du poëme remonte en effet au XIIe siècle, mais le manuscrit d'après lequel on a imprimé est d'une époque beaucoup plus récente. Le copiste, par une licence très-commune, tout en respectant le titre, aura partout, dans le texte, substitué l'épithète consacrée de son temps, et devenue, pour ainsi dire, partie intégrante du nom de son héros. Rien de plus fréquent que ces altérations. Les romans des Douze Pairs sont, à cet égard, un vrai chaos, parce qu'on y retouchait continuellement.

Nous voyons de même la rue de l'Ajussiane, ou de l'Egyzziane (sainte Marie l'Égytienne), transformée en rue de la Jussienne;

L'Anatolie (pays du Levant) est devenue, sous la plume de quelques écrivains, la Natolie;

L'endemain (le jour en demain) est aujourd'hui le lendemain, avec l'article redoublé, dont personne ne s'aperçoit. Les vieux textes ne portent jamais que l'endemain:—«L'endemain, Saül partit l'ost en treis.»