OU.
Il n'y a peut-être pas de mot dans la langue française dont le domaine ait été plus injustement restreint. Il servait jadis pour tous les rapports marqués aujourd'hui par à, en, vers; on mettait ou pour à qui, en quoi, auquel, par lequel, vers lequel, etc.
Maintenant ou n'est plus qu'une conjonction alternative, ou un adverbe de lieu; il signifie ubi et vel: encore, dans le premier cas, prend-on soin de le marquer d'un accent, pour le distinguer du second. Petite précaution puérile, inconnue dans le temps où elle pouvait paraître plus nécessaire, les fonctions du mot étant beaucoup plus diverses:
Ja il ne plaise à Dieu, le roi du firmament,
Que ayons paix a Karlon, le roy ou France apent.
(Les quatre fils Aymon, v. 426.)
«Le roi de qui la France dépend, à qui elle se rattache.»
Trestous li Deu ou croient les François.
(Ogier, v. 1457.)