«David sonnait d'une espèce d'orgues qui étaient arrangé de façon qu'on les liait aux épaules de celui qui en jouait; et il dansait et jouait ainsi devant Notre-Seigneur.»


Malheureusement le texte porte le participe aturné invariable, en sorte qu'on ne peut en induire de quel genre était le mot orgues.

Le premier orgue qui parut en France y vint en 757; c'était un présent de Constantin Copronyme à Pepin, père de Charlemagne. Cet orgue fut placé à Saint-Corneille de Compiègne. Il fallait que ce fût un orgue de Barbarie, c'est-à-dire, dont on jouait à l'aide d'une manivelle, car il n'y avait personne en France capable de toucher un orgue à clavier; et l'on ne voit point que Constantin eût joint à son cadeau l'artiste sans lequel il devenait inutile. Gerbert, qui rapporte le fait, ne parle pas de cette circonstance.

Les règles de la prononciation rendaient impossible de prononcer orgues comme nous le prononçons aujourd'hui. (Voy. p. [30].) On transportait l'r après le g, ogres:

—«Les bones uevres en qui Dex se delite, si com li huem fet ou son de la harpe, u des ogres, u d'altres estrumenz.»

(Comment. sur le Psautier.)

«J'ai déjà parlé, dit Roquefort, de ce magnifique instrument que nos pères nommaient organ, orgenes, orguettes, ogres

(État de la poésie française, p. 119.)

Les héros de Vadé ne disent jamais autrement qu'ogres de Barbarie, expression qui doit dater de loin, car elle rappelle à la fois la prononciation primitive, et le pays éloigné d'où nous vint le premier orgue.