(Alzire, III, 1.)

N'imputez qu'à l'amour, que je dois oublier,

La honte je descends de me justifier.

(Zaïre, IV, 6.)

Sais-tu l'excès d'horreur je me vois livrée?

(Mérope, IV, 4.)

La correspondance de Voltaire offrirait autant d'exemples en prose que ses poëmes d'exemples en vers. Si Voltaire a eu un tort, c'est d'avoir blâmé Corneille, et non de l'avoir imité en rejetant cette insupportable circonlocution moderne, dans lequel, par laquelle:—Le moment dans lequel je parle est déjà loin de moi.—Cette intrigue vers laquelle la tendresse me faisait relâcher.

L'Académie donne trois exemples de pris, dit-elle, dans un sens moral, quoiqu'il soit malaisé de savoir ce que c'est que le sens moral d'un adverbe.—« me réduisez-vous? en sommes-nous? allons-nous?»—Les deux derniers n'en font qu'un, et c'est évidemment une question de lieu; par conséquent y est parfaitement à sa place. me réduisez-vous? est autre chose. est ici évidemment pour à quoi; et si la substitution est légitime dans cette façon de parler, pourquoi ne l'est-elle pas dans toutes les analogues? Qu'est-ce que c'est que réserver une seule locution, et de quel droit? L'usage? Mais l'usage de Pascal, de Corneille et de Molière vaut bien, apparemment, celui du XIXe siècle!

Reprenons donc, il en est temps, une façon de parler excellente, commode et leste, que nous étions en train de remplacer par la plus gênante, la plus traînante et la plus insipide. Nous avons d'ailleurs tout intérêt à ne point envieillir nos grands écrivains, à ne point permettre que de mauvais grammairiens, des pédants, pour tout dire, y introduisent des solécismes posthumes. Quand nous aurons laissé abolir l'autorité de Racine, de Molière, de la Fontaine, de Pascal et de Voltaire, sur qui, s'il vous plaît, nous guiderons-nous? sur M. Girault-Duvivier, ou sur M. Napoléon Landais?

Ouvrez la grammaire des grammaires; vous allez être bien édifié! Elle distingue adverbe, ou pronom absolu, et ou pronom relatif. Elle permet le dernier avec «un verbe qui marque une sorte de localité physique ou morale.» Mais elle avoue que «la poésie s'en sert parfois dans des cas ou il n'y a pas localité physique ou morale