Nous avons vu au chapitre de la tmèse un autre emploi de par, dont il subsiste un dernier vestige dans la locution par trop, où par communique à trop la valeur superlative.—Quoi! battre mon sénéchal en ma présence! cela est par trop hardi!

Trop par eüs le cuer hardi

Quand tu devant moi feru l'as.

(Le Dit du Buffet, Barbaz., II, p. 164.)

Voyez pag. [235].


Mais si l'usage met un t de trop dans à par soi, en revanche il le met de moins dans cette autre locution de par le roi, qui signifie de la part du roi. Le rapport aujourd'hui marqué par le génitif s'exprima longtemps par la simple juxtaposition des substantifs: La Fête-Dieu, les quatre fils Aymon, sont la fête de Dieu, les quatre fils d'Aymon (voy. p. [266]). De même, la part le roi est la part du roi. Écrivez donc: Je vous l'ordonne de part le roi! A parte regis.

«O petite Belleem, s'écrie saint Bernard, mais ja (jà, déjà) magnifiee de part notre Signur!»

(Sermons, p. 532.)

Ainsi l'usage écrit part avec un t, venant de per, et par sans t, venant de partem. Il met le substantif où il faut la préposition, et la préposition à la place du substantif. C'est une belle chose que l'usage! et les grammairiens ont bien raison d'en faire leur suprême loi. C'était l'ultimo ratio de Ménage, de Vaugelas, de Bouhours, de Patru et de Th. Corneille. Aucun d'eux n'a jamais songé à protester contre une si respectable autorité.